Le SARS- Covid 2, un virus SÉGRÉGATIONNISTE

Le SARS- Covid 2, un virus SÉGRÉGATIONNISTE

Le SARS- Covid 2, un virus SÉGRÉGATIONNISTE

L’École Médicale de Harvard et l’École de l’Institut pour l’Anthropologie évolutive de Leipzig, viennent de conduire une étude systématique des traces d’ADN néandertalien chez 1 004 individus actuels. Les résultats confirment que les Eurasiens ont dans leur génome entre deux et quatre pour cent de gènes néandertaliens, tandis que la proportion est beaucoup plus faible dans d'autres populations.

                          

Une nouvelle étude scientifique sur le coronavirus a été publié dans la revue Nature. Faite par des chercheurs de l’Institut Allemand Max Planck, l’étude met en exergue que notre héritage génétique préhistorique pourrait un être un facteur aggravant de la maladie.

       

L’étude explique ainsi qu’un fragment de chromosome hérité de l’homme de Néandertal engendrerait a priori les formes les plus graves du virus une fois infecté, d’après les chercheurs et scientifiques Hugo Zeberg (Institut Karolinska, Stockholm) et Svante Pääbo (Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste, Leipzig).

Selon cette hypothèse avancée par les chercheurs, la trace d’ADN néandertalienne a été découverte chez les personnes qui ont dû être hospitalisées après avoir été contaminées par le nouveau coronavirus. Elle se trouverait sur le chromosome 3.

 « Les personnes qui ont hérité de cette variante du gène ont 3 fois plus de chances d'avoir besoin d'une ventilation artificielle si elles sont infectées par le nouveau coronavirus Sars-CoV-2", déclare dans un communiqué Hugo Zeberg »

Ce fragment ADN qui triplerait le risque de contracter une forme grave de détresse respiratoire n’est pas présent chez tout le monde. En effet, on retrouve ce variant dans 50% de la population d’Asie du Sud, chez 16% des Européens, et pratiquement absent en Afrique. Ce qui pourrait expliquer le très faible taux de mortalité en Afrique dû au covid-19.

      

Pour réaliser cette étude, les deux chercheurs se sont aidés de deux études plus récentes qui visaient également à identifier les facteurs de risques génétiques liés aux formes graves du Covid-19.

Les chercheurs ont entraîné un programme, dit de champ aléatoire conditionnel, à reconnaître les zones de l’ADN dans le génome d'un millier de nos contemporains puis ont choisi comme modèle un génome Néandertalien moyen obtenu à partir de plusieurs individus. Ils ont ensuite simulé un grand nombre de génomes humains actuels tel qu'ils devraient être si l'on suppose qu'ils proviennent d'un métissage s'étant produit il y a 2 000 à 5 000 générations. La coexistence la plus intense et la plus prolongée entre Homo sapiens et Homo Neanderthalensis est en effet censée avoir eu lieu il y a 40 000 à 50 000 ans au Proche-Orient.

     

À l'aide de leur programme, les chercheurs ont ensuite calculé les probabilités que les haplotypes des quelque 3,2 milliards de nucléotides composant les génomes d'un millier d'individus actuels (d'origine africaine, européenne ou extrême-orientale) soient d’origine néandertalienne.

    

Les résultats confirment ce que l'on avait déjà constaté à moindre échelle : le pourcentage purement néandertalien du génome des Européens est de 1,15 pour cent en moyenne, tandis qu'il est de 1,38 pour cent chez les Extrêmes-Orientaux (Chinois). Certaines régions du génome européen intègrent ainsi jusqu’à 62 pour cent de gènes néandertaliens, et 64 pour cent chez les Extrême-orientaux. En revanche, moins de 0,08 pour cent du génome des Kenyans serait purement néandertalien ; le chiffre est de 0,34 pour cent chez les Afro-Américains du Sud-Ouest des États-Unis, et enfin, compte tenu de la marge d'erreur, on peut considérer que les habitants de l'Afrique subsaharienne sont dépourvus de gènes néandertaliens.

       

       

 

Ce travail avait permis de conclure qu'un grand nombre de malades développant une forme sévère du Covid-19 avaient en commun une même variance génétique au niveau du chromosome 3 (sur les 23 paires de génome humain). C'est en y regardant de plus près que ces deux spécialistes ont pu faire leur incroyable voyage dans le passé : ils ont découvert dans cette région trois gènes avec la même séquence ADN que celle retrouvée en Croatie chez un Néandertalien qui y a vécu il y a 50 000 ans.

     

Environ 2 % du bagage génétique, soit un Européen sur six se retrouve par le jeu de l'héritage avec la cartographie précise de gènes de ce lointain ancêtre qui semble favoriser les formes les plus graves de Covid-19. C'est encore pire dans certains pays d'Asie du Sud, notamment au Bangladesh "où 63 % de la population est porteuse d'au moins une copie de la séquence ADN à risque. Ainsi les ressortissants bangladais au Royaume-Uni sont deux fois plus susceptibles de mourir du Covid-19 que les Britanniques, selon le Public Health England, l'agence gouvernementale en charge des questions de santé publique, dans une étude publiée en juin.

Cet aspect génétique est, après l'âge, le deuxième facteur de risque le plus important de développer une forme grave du Covid-19", affirme le directeur de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste. Il le place même au-dessus des comorbidités, comme le diabète ou d'autres maladies connues pour jouer un rôle dans la virulence des symptômes du virus. 

En analysant les résultats de l'étude sur les facteurs génétiques et les risque face au Covid-19, il en ressort que "si vous avez hérité de ces gènes de votre mère et de votre père, c'est comme si on vous ajoutait 20 ans face à la maladie". En d'autres termes, une personne de 40 ans à qui les deux parents ont légué ce bagage génétique vieux de 50 000 ans a le même risque de connaître des complications graves de la maladie qu'un homme de plus de 60 ans.

Arnaud Laborie

Sources :

  • Balayage Sélectif Sur Les Gènes De L'amylase Humaine Postdate La Scission Avec Des Néandertaliens

  • The Guardian

  • Le Monde

  • Gent Side

  • Maxi-Sciences