Les Vaccins

Les Vaccins

Les Vaccins

Il n’y aura probablement pas un, mais des vaccins, dont l’efficacité dans le temps dépendra de nombreux facteurs. Plus qu’une solution « miracle » à la pandémie, le vaccin s’annonce comme un outil pour vivre avec le virus.

180 candidats-vaccins contre le Covid-19 sont en cours de développement et près de 40 sont en phase clinique chez l'homme - dont le vaccin à ARN du laboratoire Pfizer. Comment ces vaccins fonctionnent-ils ? Quand saura-t-on s’ils sont vraiment efficaces ?

                        

Le principe de la vaccination est toujours le même : il s’agit de présenter un pathogène (virus, mais aussi parasite ou bactérie) à notre système immunitaire afin qu’il apprenne à le reconnaître et à fabriquer des anticorps spécifiques qui seront prêts à le neutraliser lorsque nous le rencontrerons dans la vraie vie. « En réalité ce n’est pas le pathogène en tant que tel qui déclenche la réponse immunitaire, mais des protéines bien particulières qui se trouvent à la surface du virus, les antigènes, explique Bruno Pitard, physico-chimiste au Centre de recherche en cancérologie et immunologie Nantes-Angers1. Ces antigènes sont la clé qui permet au virus de pénétrer dans la cellule, qu’il va alors mettre à son service pour se reproduire. Concernant les coronavirus, l’antigène le mieux reconnu est la protéine « S » (pour Spike), cette protéine en forme de pique qui donne au virus son aspect « hérissé » si particulier.

 

► Quelles sont les techniques utilisées ?

 

Le virus entier, atténué ou inactivé

Pour s’assurer que le vaccin sera sans danger pour le corps, on peut soit présenter le virus sous une forme inactivée (tuée), après l’avoir préalablement chauffé ou passé au formol – c’est la technique de Pasteur –, soit le présenter sous une forme atténuée.

 

Un morceau de virus on se concentre sur l’antigène qui provoque la réponse immunitaire

 

Les vaccins à ADN/ARN

On introduit dans nos cellules la séquence génétique qui code pour la fabrication de cette protéine virale. Il lui faut un véhicule capable de l’y transporter qui sera soit une enveloppe totalement artificielle composée de molécules mimant les lipides et les protéines, soit un virus bien réel, mais inoffensif pour nous.

 

 

l’organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé à 50 % le seuil d’efficacité requis pour mettre sur le marché un vaccin anti-Covid-19 – c’est un seuil proche du vaccin contre la grippe, très inférieur néanmoins aux performances de la plupart des vaccins aujourd’hui utilisés chez les humains. À ce jour, près d’une quarantaine de candidats-vaccins ont passé le stade des essais précliniques menés chez l’animal, et sont aujourd’hui en phase clinique chez l'humain. Parmi eux, dix sont entrés en phase 3 – la dernière, mais aussi la plus longue phase des essais cliniques.

 

 

La délicate question des anticorps

La principale interrogation concerne les anticorps produits après la vaccination. Combien de temps seront-ils présents dans le sang, alors que plusieurs études scientifiques font état de leur disparition au bout de quelques semaines à quelques mois chez des malades confrontés une première fois au Covid-19 ?

 

Autre question épineuse, celle des anticorps dits « facilitants ». Il arrive en effet que les anticorps produits ne soient pas assez fonctionnels et aient un effet délétère en cas de nouvelle infection – en clair, qu’ils aggravent la maladie au lieu de la combattre. Le développement d’un vaccin contre le sida a dû être interrompu en phase 3 pour les mêmes raisons. »

 

Les incertitudes

 

Quand bien même on parviendrait, enfin, à mettre au point et valider par des essais sur les patients un vaccin contre le virus, rien ne dit malheureusement qu’il s'avérera suffisamment protecteur. Sanofi Pasteur, la division vaccins de Sanofi, numéro un mondial des vaccins contre la grippe, s'adapte chaque année à la mutation du virus. L'an dernier, l’efficacité vaccinale en France chez les sujets à risque était de 59 % contre le virus A(H1N1) et de seulement 19 % contre le virus A(H3N2). "Le problème est que chaque vaccin est un pari. On est obligé de parier sur les souches qui vont circuler avant que le virus apparaisse dans le monde. Donc, de temps en temps, le pari est gagné, de temps en temps il est moyennement gagné et parfois pas du tout.

 

Quel sera le taux de mutations du SARS-Cov-2 ? Devrons nous faire face à un Covid-21 ? On n’en sait encore rien. Et quelle frange de la population faudra-t-il vacciner, alors qu’on ne connait pas encore la quantité d’anticorps nécessaires pour déclarer une personne immunisée contre le Covid-19 ?

 

https://lejournal.cnrs.fr/articles/quel-vaccin-contre-le-covid-19

https://www.usinenouvelle.com/article/pourquoi-il-n-y-aura-peut-etre-jamais-de-vaccin-contre-le-covid-19.N965936

 

Notes

· 1.Unité CNRS/Inserm/Université Angers/Université de Nantes.

· 2.Institut Necker-Enfants malades - Centre de Recherche (CNRS/Inserm/Université de Paris).